Entendu À Table: Étape 18

 

Jeudi 4 mai - Pau - Brasserie Royale
 

La ville: Pau est une ville de près de 80,000 habitants et la préfecture du département des Pyrénées-Atlantique. 
Les convives: 2 enseignantes, 1 médiateur, 2 restaurateurs, 2 retraités, 1 chômeur, 2 étudiantes, 1 artisan dans la construction, 1 serveuse, 1 retraité maire, 1 aide-soignante, 1 boucher, 1 employé hospitalier, 1 travailleuse dans la réinsertion professionnelle 

Pas de coeur, pas de vote

A : Comment il s’appelle déjà? Le gars qui est contre la blonde? Je sais qu’on n’a pas le droit de parler de candidat. Tout ce que je veux dire c’est que quand je tombe sur les politiques à la télé y’en a aucun qui parle avec le cœur. Oui, ok, il faut être préparé mais ça n’empêche pas d’être humain. Je n’aime pas la politique, c’est juste une histoire de business.

B : Carrément. Une histoire dans laquelle nous on se fait tout le temps rouler.

A : Ils s’en foutent de nous. Ils ne connaissent pas la vraie vie, le travail. Pourquoi j’irai voter du coup ? Ils sont sans cœur, ils seront sans mon vote.

 
 

Tristesse de professeure

On ne parle jamais des émotions, on reste toujours dans la distance. Aujourd’hui j’ai partagé mes émotions avec mes élèves. Ils se sont mal comportés hier. Je leur ai dit que je suis partie de la classe triste. Tout le monde sait ce que c’est la tristesse. Je suis une personne comme eux. Il faut que nous ayons du respect mutuel. Et là, ils se sont tus en m’écoutant 20 minutes. Puis ils m’ont dit que j’avais raison, qu’ils s’étaient mal comportés. Et on a continué le cours, qui s’est très bien passé.


La tête dans son portable

Les gens flippent parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être chez eux. Dans la rue les gens crachent, mangent des kebabs, parlent arabe. Les gens leur reprochent de ne pas s’intégrer. Les natifs ne comprennent pas. Mais c’est normal: les gens vivent à côté mais ne se côtoient pas. Donc à un moment donné il y a incompréhension entre les deux cultures. Mais le problème est plus grand: même nous on ne se mélange pas entre nous, on se coupe du monde. On baisse la tête quand on se croise dans la rue. Alors évidemment... on est mal.