Réflexion: Jour de vote à Nuits-Saints-Georges

 

On aime taper sur les candidats, les institutions et les autres mais putain, c’est quand même sacrément beau de pouvoir admirer un jour de vote se dérouler devant soi.
 

Je ne suis jamais allé voter. Les procurations et les votes par courrier, je commence à bien connaître. Mais mon expérience des urnes se limite à un souvenir lointain. C’était en 2002 quand mon père m’a emmené voter avec lui. Pour me montrer un rite citoyen, m’éduquer sur l’importance de prendre part au processus démocratique ou partager sa fierté de pouvoir voter dans sa terre d’accueil? Je n’en sais rien.
 

Hier, on était devant le bureau de vote de Nuits-Saint-Georges invitant, comme d’hab, des inconnus a diner. On en a vu des papas qui amenaient leurs fils voter avec eux. Mais c’est tout un petit village de Bourgogne qu’on a regardé défiler jusqu’aux urnes.

 
  Rues vides du centre ville - tout le monde vote!    

 Rues vides du centre ville - tout le monde vote! 

 

 

Une vieille femme arrive seule, avançant d’un pas peu assuré en talons rouge. Elle s’agrippe au grillage du bureau de vote, se tirant vers l’enceinte du bâtiment. A notre départ, on l’a trouve assise sur un palier au bord de la rue, cherchant quelques forces avant de reprendre sa marche de retour.

 

Un jeune homme arrive en sprintant vêtu d’un maillot vert fluo du Portugal, l’équipe qui a éliminé les Bleus en finale de l’Euro. Quelques minutes plus tard, il repart à la même allure: mission accomplie, pas de temps à perdre.

 

C’est tout un petit village de Bourgogne qu’on a regardé défiler jusqu’aux urnes.

Des hommes âgés restent devant le bureau de vote. Cheveux blancs et moustaches bien remplies, ils sont dignement habillés en costumes sombres avec cravates et décorations militaires. “Je ne peux pas, je suis de dépouillement,” nous répondent-ils sobrement lorsqu’on les invite à dîner avec nous.

 

Des amis d’écoles se croisent par hasard après des années sans s’être vu. Baskets et pull-over, le vote n’est pas un moment pour lequel il faut s’habiller. Ceux qui sont revenus juste pour voter interpellent ceux qui étaient restés : « Toujours rien à faire à Nuits-Saint-Georges? »

 

Je ne pourrais vous dire ce que j’ai ressenti devant le bureau de vote à 9 ans, attaché à la main de mon père. Mais à 24 ans, regardant une nouvelle fois les autres aller voter, j’ai été marqué par la particularité de cet acte qui rassemblait toutes ces personnes. Tous semblaient fiers d’être là. De choisir. De voter. Pour certains c’était une chance, pour d’autre un devoir, mais tous savaient qu’ils avaient un rôle à jouer.